L'Usine Voltige et son Escalier Toupété

Ryttar
Messages : 4
Inscription : 02 oct. 2019, 00:51

Message non lu 02 oct. 2019, 03:33

Comme dit dans ma présentation, ma meilleure amie et moi-même avons visité le Sanatorium Delirium / Sanatorium de la Forêt / Sanatorium Nestor Pirotte, et en sommes ressortis avec une envie de plus. Du coup, après quelques recherches de spots potentiels basés sur mes observations, j'ai trouvé un spot industriel très bien conservé et assez grand, à moins d'une heure de route du fameux Sanatorium Delirium. Pour ce qui est des caractéristiques du lieu et des informations "condensées" sur le spot ainsi que les photos, vous pouvez passer directement à la fin du post. Pour ceux qui veulent lire nos aventures, voici le récit de notre exploration :

Samedi après-midi, 17h, mi-août. On se gare à une dizaine de minutes de marche du spot, qu'on peut déjà apercevoir. On s'y dirige motivés, excités, et, pour ma part, un peu stressé : stressé que le lieu ne soit pas accessible, stressé que le lieu ne soit pas intéressant, stressé que la visite se passe mal. Mais on marche, et on s'approche : on voit que les murs d'enceinte ne sont pas très hauts, et qu'il sera aisé de passer de l'autre côté avec une courte échelle. On continue de marcher pour repérer les lieux, on voit qu'un panneau d'un mur a été détruit, et que des grillages ont été installés derrière le mur d'enceinte. Merde.

Pas grave, on avance. On s'enfonce sur un chemin de terre désert, les derniers riverains qui auraient pu poser problème sont à 500 mètres derrière nous. Derrière quelques arbustes bas, sur un sentier à peine battu, un trou dans le mur : jackpot. On passe dans le trou, et nous voilà dans des fourrés buissonnants : on reste là quelques secondes, dissimulés par la végétation, à regarder s'il n'y a pas d'activité, de bruit, de gardien, ou autre. Cela semble assez calme, alors on se décide à avancer, timidement : l'usine est située entre une zone d'activité commerciale d'une part, une zone résidentielle de l'autre, et une zone industrielle pour finir. Bref, l'activité ne manque pas aux alentours, et le lieu a été racheté il y a quelques années : son nouveau propriétaire pourrait avoir collé un gardien. Mais rien en vue, donc on avance. Une zone à découvert d'une trentaine de mètres nous sépare du premier bâtiment, et on s'avance en trottinant rapidement, n'étant pas encore fixé sur le niveau de surveillance du lieu.

Le premier bâtiment est assez classique, quelques vieilles machines rouillés, un placard électrique ravagé, et un tableau à craie qui témoigne du passage de quelques personnes avant nous. J'ai peur un instant que le lieu soit très fréquenté, comme le Sanatorium. On ne s'y attarde pas trop, même si à l'étage, un chemin vers ce qui semble être un autre bâtiment est bloqué par des fourrés bien trop hauts et bien trop épais pour s'y aventurer.

A une autre trentaine de mètres, une maison : les fenêtres semblent, à première vue, dans un bon état, assez récentes, et on pense immédiatement à une maison de gardien. On s'y aventure prudemment, et on remarque rapidement qu'une fenêtre est pétée : voici notre porte d'entrée, et notre preuve que le lieu est à l'abandon aussi. On rentre alors en escaladant la fenêtre : la maison était en rénovation avant que les travaux soient interrompus pour une raison inconnue. Le rez-de chaussée et l'étage sont plutôt vides, juste quelques traces de vie datant, au mieux, d'une dizaine d'années. Mais le lieu n'est pas dégradé du tout : aucun tag, aucune trace de passage récente. Cela me rassure un peu. Retour au rez-de chaussée, je sors ma frontale pour pénétrer dans ce qui semble être un garage. Là, les traces de vie sont omniprésentes : la première chose que nous voyons est un bocal de tomates posé sur le plan de travail au milieu : nous n'y toucherons évidemment pas, même si les tomates semblent encore parfaitement consommables. De même, quelques conserves dans un placard, divers produits médicaux (compresses, médicaments), des outils, de la peinture, du vernis, des disquettes d'une autre époque, des posters d'un groupe de hard-rock obscur, des CDs... Définitivement, c'était le lieu de vie de quelqu'un jusqu'aux années 2000/2010. Le lieu est sympa, mais on commence à avoir fait le tour du garage et les autres pièces sont vides, alors on sort par la même fenêtre où on est rentrés.

Rassurés par l'abandon apparent du lieu, on s'avance tranquillement, en marchant cette fois, même si on regarde partout. Une route goudronnée passant le long des deux premiers bâtiments semble nous mener vers la suite du spot, alors on la suit : d'abord, un grand château d'eau nous invite à monter par une échelle : mais l'échelle est complètement dévorée par la rouille et le troisième barreau de l'échelle est cassé, ce qui ne présage rien de bon pour les autres barreaux. De toute façon, le lierre qui descend du haut du château d'eau a complètement envahi l'échelle et bloque définitivement l'accès. Dommage. On poursuit sur la route et, sur les côtés, de grands entrepôts industriels aux portes rouillées nous appellent. La plupart des portes seront fermées, mais deux ou trois pas bien ou pas fermées nous amèneront dans des entrepôts abandonnés depuis quelques années ou mois : dans le premier, un panier de chien, une couette et un jouet pour chien semblent assez récents. Dans le second, deux pièces dans des préfabriqués avec des canapés dans un état parfait, mais couverts par de la poussière depuis au moins quelques mois. Enfin, des palettes de marchandises qui pourraient être là depuis deux jours ou deux ans, impossible de savoir. Après avoir fait le tour de ces hangars, on poursuit sur la route, et là, j'hallucine. Toutes mes inquiétudes quant à la qualité du lieu s'envolent.

Devant nous, une cinquantaine de conteneurs que la rouille ou la végétation ont commencé à attaquer, des vieilles citernes de gasoil, et surtout : un énorme château d'eau (sans échelle, celui-ci) juste à côté de ce qui se révélera être la pièce maîtresse du spot, un énorme bâtiment industriel à l'abandon depuis quelques dizaines d'années, où la végétation a complètement repris ses droits, à tel point que du lierre descend des fenêtres dans l'intérieur du bâtiment. L'apparence du tout mêlé au calme de ce samedi soir donne au lieu une atmosphère post-apocalyptique qui fait jubiler les survivants que ma meilleure amie et moi-même rêvons d'être. Nous passons un moment à visiter les conteneurs, descendre dans les citernes à gasoil, et se poser sur les conteneurs (même si, je dois l'avouer, je n'étais pas rassuré, les conteneurs étant directement à vue d'une route très fréquentée et de quelques pavillons à deux centaines de mètres de nous).

Après cela, nous traversons des fourrés m'arrivant au torse (je mesure 1 mètres 90) et atteignant la tête de ma meilleure amie. Les orties harcèlent nos chevilles, les gratterons se collent à nos pantalons, nos chaussettes, nos lacets, mais nous continuons, séparant la végétation en friche comme deux Moïses dans la mer des roseaux, même si ici, la mer des ronces serait un nom plus approprié. Nous arrivons enfin à un escalier de pierre qui mène au rez-de-chaussée du bâtiment. La végétation y a repris ses droits, et nous découvrons émerveillés le sol couvert de mousses, d'herbes et de brindilles en croissance, le lierre descendant des fenêtres, et l'invitation à s'élever qu'un vieil escalier tombant en ruine nous propose. Vous l'aurez compris, il s'agit du fameux Escalier Toupété, qui, vous en jugerez par vous-même, porte bien son nom. C'est un escalier à l'armature en métal dévoré par le temps et la rouille, dont il faut se méfier mais qui reste praticable si vous faites attention à où vous marchez. Petit conseil : la plupart des chevilles qui tiennent les marches sont assez solides pour y poser le pied, et si vous avez des chaussures avec une bonne accroche, l'armature est globalement assez solide pour y marcher. Bref, soyez prudents, soyez légers, et vous pourrez accéder au dernier étage du bâtiment, où la vue sur la ville et ses environs est absolument magnifique. Sur le toit d'un bâtiment voisin, un lilas s'est mis à pousser. Cela nous a tellement surpris et amusé que cette plante est devenue, pour nous, un signe représentatif de l'urbex.

Une fois redescendus, tout aussi prudemment, nous poursuivons dans la suite du bâtiment : un énorme crochet pendant du plafond et un compteur pouvant monter jusqu'à 10000 tours, ainsi que des vieilles machines, nous indiquent que nous sommes dans le cœur de l'industrie. Un calendrier du Crédit Lyonnais des années 60 nous donne une idée du laps de temps écoulé entre l'abandon de ce lieu et notre passage. Nous trouvons également ce qui semble avoir été des douches et des vestiaires, et la suite du spot est beaucoup moins âgée mais tout de même assez intéressante pour son ambiance : une grande allée où la végétation et le goudron partagent le sol, tandis que les hangars (tous fermés) s'enchaînent sur une cinquantaine de mètres. Au fond de l'allée, un parking souterrain complètement vide et plongé dans le noir me rappelle les mésaventures de Will Smith (enfin, Robert Neuville) dans Je suis une légende. Enfin, nous cherchons à poursuivre notre exploration, mais le soleil est déjà en train de se coucher, et un panneau "Site sous vidéosurveillance" (et les caméras qui vont avec, une dizaine de mètres plus loin) auront raison de notre gourmandise. Nous rebrousserons chemin, même si le spot a encore, je pense, quelques petits trésors à offrir. Merci d'avoir lu jusqu'ici, et j'espère que ce récit vous aura donné envie de visiter le lieu !

Caractéristiques et informations sur le lieu :
Localisation : Picardie, moins d'une heure de route du Sanatorium Nestor Pirotte/Sanatorium Delirium/Sanatorium de la Forêt
Résumé : Petits bâtiments industriels, une maison à l'abandon depuis 2000-2010, grands bâtiments industriels, entrepôts, conteneurs et citernes. Atmosphère post-apocalyptique type The Last Of Us / DayZ / The Walking Dead.
Surveillance : Une partie du lieu (la partie encore active) est sous vidéosurveillance et, de toute façon, tout doit y être fermé. L'autre partie ne semble pas surveillée mais il n'y a aucune séparation entre les deux et le tout est privé et est actif en semaines : si vous souhaitez y aller, allez y de nuit ou le week-end, de préférence en fin d'après-midi.
Temps pour visiter le lieu : pour prendre son temps, apprécier le lieu et essayer de rentrer dans chaque entrepôt (sans dégrader, bien entendu), trois ou quatre heures au moins.

Image
Citerne, conteneurs, grand château d'eau et, selon moi, le cœur du lieu
Image
Les conteneurs depuis le cœur du lieu
Image
Le sol du bâtiment : on peut voir les tuiles qui tombent du toit petit à petit et la végétation qui prend ses aises (attention à cela, d'ailleurs)
Image
Pour donner une idée de la taille du bâtiment, je fais 1m90, et chaque escalier doit faire cinq mètres de haut.
Image
Première étape de l'Escalier Toupété, la plus abimée
Image
Deuxième étape, très tranquille et bien conservée
Image
Troisième étape, assez stable mais il faut se méfier tout de même
Image
Tout en haut du bâtiment, la nature reprend sa place (attention aux trous)
Image
Pour donner une idée de la hauteur
Image
Vue de la ville depuis le bâtiment
Image
Deuxième vue de la ville
Désolé, nous n'avons pas pensé à prendre de photos des autres endroits, nous cherchions plus à profiter du lieu et chercher les moindres recoins explorables plutôt qu'à prendre des photos !

Vous pouvez le voir, ce lieu est parfaitement préservé, et il semblerait par endroit que personne n'y a mis les pieds depuis la fermeture de l'usine il y a une cinquantaine d'années. C'est pour cela que je ne révélerai pas l'emplacement du lieu dans ce post, la seule information est qu'il est à moins d'une heure de route du Sanatorium Delirium cité précédemment.
Pour ceux qui voudraient visiter le lieu : je donnerai l'emplacement avec plaisir si je peux m'assurer que vous êtes dignes de confiance. Venez en MP, on parlera un peu et je vous filerai l'emplacement ! C'est encore mieux si vous avez des emplacements à filer aussi, de préférence autour de la région parisienne et, encore mieux, en région Hauts-de-France !
Pour ceux qui arriveraient à reconnaître l'emplacement avec les photos (quelques éléments le permettent) : merci de la garder pour vous, le lieu est vraiment très bien préservé et ce serait du gâchis de ruiner cela.
Avatar de l’utilisateur
charles
Messages : 437
Inscription : 08 oct. 2017, 17:32
Localisation : Charente maritime

Message non lu 02 oct. 2019, 17:02

Bien que préférant les demeures anciennes , il faut reconnaitre le charme d'endroits comme celui ci et cette ambiance post apocalyptique qui va souvent avec .
On a tous rêvé devant cette ville abandonnée du film !
Merci du partage et bienvenu ;)
Les cons ça ose tout , c'est même a ça qu'on les reconnais .

https://www.instagram.com/cd.travels/
Avatar de l’utilisateur
liv'
Messages : 596
Inscription : 01 mai 2019, 16:01

Message non lu 02 oct. 2019, 19:45

Sympa comme lieu ! Merci du partage 😊
'Liv

Il ne suffit pas d'être grand pour être à la hauteur !
BoOkeh
Messages : 157
Inscription : 10 juin 2019, 18:11

Message non lu 02 oct. 2019, 20:49

Han ces conteneurs oO
Les bâtiments semblent plutôt vides de tout contenu (machines?)
Je ne sais pas ce que cela peut donner avec un boîtier mais juste pour l'ambiance, l'explo doit être très sympa 😉
Merci pour le partage et bienvenue à toi 😊
Ryttar
Messages : 4
Inscription : 02 oct. 2019, 00:51

Message non lu 03 oct. 2019, 00:10

Merci à vous !

Ouais les conteneurs m'ont fait halluciné au début ahah
Le bâtiment qu'on a beaucoup pris en photo était assez vide oui (hormis deux cuves à l'étage) et à la cave, mais il y a un bâtiment accolé à celui-ci avec quelques vieilles machines, un compteur de tours, et des petits trucs sympas comme ça ! Assez minoritaires mais toujours sympa à trouver :)
Répondre